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Posted by - Twim’O !
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on - Jul 2 -
Filed in - Rénovation, Construction et Bricolage -
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Les épisodes de canicule se multiplient et les températures records observées ces dernières années replacent le confort d'été au cœur des préoccupations des professionnels du bâtiment. Longtemps centrée sur les performances hivernales, la rénovation énergétique doit désormais intégrer la capacité des logements à rester habitables lors des fortes chaleurs. C'est dans ce contexte qu'IGNES et Pouget Consultants ont analysé près de neuf millions de diagnostics de performance énergétique (DPE).
Si la lutte contre les passoires thermiques a largement orienté les politiques publiques ces dernières années, le confort d'été est longtemps resté au second plan. Pourtant, un logement performant en hiver n'est pas nécessairement capable de rester agréable lors des épisodes de fortes chaleurs. L'absence de protections solaires, une ventilation insuffisante ou encore une mauvaise prise en compte de l'inertie thermique peuvent transformer un logement bien classé au DPE en véritable « bouilloire thermique ».
L'absence ou l'insuffisance de protections solaires extérieures, telles que les volets ou les stores, apparaît comme le principal facteur de surchauffe des logements lors des épisodes de fortes chaleurs.
Face à des canicules de plus en plus précoces et intenses, les professionnels du secteur estiment que l'adaptation des logements au confort d'été progresse encore trop lentement. Malgré plusieurs alertes ces dernières années, ils appellent les pouvoirs publics à engager rapidement une concertation afin d'accélérer la mise en œuvre de solutions concrètes.
L'étude révèle que seuls un logement sur dix offre un niveau de confort d'été jugé satisfaisant selon l'indicateur dédié du diagnostic de performance énergétique (DPE). À l'inverse, près d'un logement sur deux est considéré comme une « bouilloire thermique », un phénomène principalement attribué à l'absence ou à l'insuffisance de protections solaires extérieures.
L'un des principaux enseignements de cette analyse est que les logements les plus performants sur le plan énergétique ne sont pas nécessairement les mieux protégés contre les fortes chaleurs. Ainsi, un tiers des logements classés A ou B au DPE présentent eux aussi un niveau de confort d'été insuffisant et peuvent être qualifiés de « bouilloires thermiques ».
L'étude souligne également de fortes disparités géographiques. Les territoires fortement exposés aux îlots de chaleur urbains concentrent une proportion particulièrement élevée de logements concernés. C'est notamment le cas de villes comme Paris ou Lille, où plus d'un logement sur deux est susceptible de devenir une « bouilloire thermique » lors des épisodes de fortes chaleurs.
Les résultats de l'étude montrent que le confort d'été reste encore insuffisamment pris en compte, aussi bien dans les projets de rénovation que dans les constructions neuves. Dans le cadre des audits énergétiques, plus d'un dossier sur deux ne recommande pas l'installation de protections solaires, alors même que le logement en est dépourvu ou insuffisamment équipé. Un constat qui illustre le décalage entre les enjeux liés aux fortes chaleurs et les solutions effectivement préconisées.
Le constat est similaire pour les logements neufs. Malgré l'entrée en vigueur de la RE2020, seuls 19 % des logements construits répondent pleinement aux critères d'un bon confort d'été. Plus largement, la proportion de logements offrant un niveau de confort satisfaisant progresse peu au fil des évolutions réglementaires, ce qui interroge sur l'efficacité des dispositifs actuels face à la multiplication des épisodes de canicule.
L'étude met également en lumière plusieurs limites de l'indicateur « confort d'été » du DPE. Près d'un tiers des diagnostics ne renseignent pas cet indicateur, tandis que des erreurs de calcul persistent. Les auteurs estiment également que la méthodologie pourrait être améliorée afin de mieux prendre en compte des paramètres déterminants tels que la localisation du logement, l'exposition aux îlots de chaleur, la performance des protections solaires, leur niveau d'automatisation ou encore les caractéristiques des matériaux et de l'isolation.
Pour Anne-Sophie PERRISSIN-FABERT, Déléguée Générale d’IGNES : « Malgré des alertes réitérées ces dernières années par les associations, élus et professionnels, l’adaptation des logements ne progresse pas. Les mesures du PNACC se font attendre et l’absence de dispositions dans l’avant-projet de loi de relance du logement a surpris. Des réponses rapides peuvent être apportées ; nous demandons de réunir les acteurs pour passer enfin à l’action. »
Cette étude confirme que l'adaptation des bâtiments aux fortes chaleurs devient un enjeu majeur pour l'ensemble de la filière. Protections solaires, ventilation naturelle, choix des matériaux, isolation, automatisation des occultations ou encore végétalisation constituent désormais des leviers complémentaires de la performance énergétique. À mesure que les épisodes de canicule se multiplient, le confort d'été devrait prendre une place croissante dans les projets de construction comme de rénovation.
Si les "passoires thermiques" sont désormais bien identifiées, les "bouilloires thermiques" illustrent une autre réalité : un logement performant en hiver n'est pas forcément confortable en été.
L’étude consiste en une analyse statistique de la base ADEME DPE (version du 05/01/2026), notamment de l’indicateur de confort d’été. Elle procède également, en cas d’erreur, à une correction des indicateurs en fonction des données renseignées dans les DPE, en appliquant les règles de calcul édictées par l’arrêté du 31 mars 2021 relatif au diagnostic de performance énergétique pour les bâtiments ou parties de bâtiments à usage d’habitation en France métropolitaine. L’étude analyse également l’influence des autres paramètres du DPE sur la valeur de l’indicateur. Les logements existants ainsi que les logements neufs sont considérés, mais pas les bâtiments tertiaires. Elle analyse enfin les audits énergétiques réglementaires contenus dans la base ADEME Audit.
[1] Les résultats n’ont pas été redressés et ne sont donc pas représentatifs du parc de logements français.
Image d'illustration de l'article via Depositphotos.com.