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Posted by - Twim’O !
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on - Jun 12 -
Filed in - Rénovation, Construction et Bricolage -
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Dans un contexte déjà marqué par le ralentissement de l'activité du bâtiment, la baisse des commandes et les suppressions d'emplois, l'organisation professionnelle estime que plusieurs mesures d'économies risquent d'affecter durablement les entreprises artisanales du bâtiment.
Selon la CAPEB, plusieurs décisions déjà arbitrées ou actuellement envisagées pourraient avoir des conséquences directes sur l'activité économique, l'emploi, l'apprentissage et la rénovation énergétique. Parmi elles figurent notamment la hausse du SMIC accompagnée du gel des allègements de cotisations, la réduction des aides à l'apprentissage, les coupes dans les dispositifs de rénovation énergétique ainsi que la baisse des financements dédiés au patrimoine et au logement social ultramarin.
Pour les artisans du bâtiment, l'accumulation de ces mesures intervient dans un environnement économique particulièrement dégradé, où les entreprises font déjà face à la hausse des coûts des matériaux, de l'énergie et des carburants.
La CAPEB s'inquiète particulièrement du gel des allègements de cotisations sociales décidé parallèlement à une augmentation significative du SMIC. Cette mesure entraînerait une hausse immédiate du coût du travail pour les TPE du bâtiment, alors même que le secteur a déjà perdu plus de 30.000 emplois en deux ans.
L'organisation estime que cette décision pourrait fragiliser davantage l'emploi de proximité et la capacité des entreprises artisanales à recruter.
Autre sujet de préoccupation : la réduction de 300 millions d'euros des crédits alloués à MaPrimeRénov' pour les rénovations énergétiques par geste en 2026.
Pour la CAPEB, cette diminution risque d'accélérer la contraction de l'activité dans le secteur de la rénovation énergétique tout en limitant l'accès des ménages à des travaux permettant d'améliorer les performances énergétiques de leur logement.
L'organisation s'oppose également à la suppression totale des mono-gestes, envisagée à partir de septembre prochain. Ces travaux constituent aujourd'hui une porte d'entrée privilégiée vers la rénovation globale, permettant aux particuliers d'obtenir rapidement des gains en confort thermique et en pouvoir d'achat.
La CAPEB dénonce également la baisse des financements consacrés à l'apprentissage. Les crédits destinés aux régions passeraient de 268 millions d'euros en 2025 à seulement 33 millions d'euros en 2026, soit une réduction de 88 %.
Selon l'organisation, cette diminution compromettrait les investissements des centres de formation d'apprentis (CFA) dans les équipements pédagogiques et pourrait conduire à la fermeture de certaines formations, notamment dans les territoires ruraux.
Cette annonce intervient alors que l'apprentissage dans l'artisanat du bâtiment enregistre déjà un recul de 7 % à la rentrée 2025-2026.
La CAPEB exprime également son inquiétude concernant la réduction envisagée de plus de 100 millions d'euros de la Ligne Budgétaire Unique (LBU), principal dispositif de financement du logement social en Outre-mer.
Cette baisse des crédits pourrait entraîner un ralentissement significatif des marchés de la construction et de la rénovation dans les territoires ultramarins, avec des répercussions directes sur les carnets de commandes et la trésorerie des entreprises locales.
À La Réunion notamment, certaines réductions budgétaires pourraient atteindre jusqu'à 60 %, renforçant les préoccupations des professionnels du secteur.
Les réductions de crédits annoncées pour le Fonds vert et pour les opérations de restauration du patrimoine bâti suscitent également l'inquiétude des artisans.
Ces dispositifs financent notamment les travaux de rénovation énergétique des bâtiments publics et les opérations de préservation du patrimoine portées par les collectivités locales. Pour la CAPEB, leur diminution risque d'affaiblir une activité locale non délocalisable qui bénéficie directement aux entreprises de proximité.
La CAPEB rappelle que l'artisanat du bâtiment représente un acteur central de l'économie française avec plus de 500.000 entreprises. Le secteur génère près de la moitié du chiffre d'affaires du bâtiment, emploie la moitié des salariés de la filière et forme la majorité des apprentis.
Face aux contraintes budgétaires de l'État, l'organisation affirme défendre une approche ciblée permettant de réaliser des économies sans pénaliser les TPE. Elle plaide notamment pour une concentration des aides à l'apprentissage sur les entreprises de moins de 50 salariés, ce qui permettrait selon elle de dégager près d'un milliard d'euros d'économies.
La CAPEB évoque également la possibilité de renforcer l'encadrement du régime de la micro-entreprise et d'abaisser le seuil de franchise en base de TVA dans le bâtiment afin de générer des économies budgétaires supplémentaires.
Pour Jean-Christophe Repon, président de la CAPEB : « Ces arbitrages budgétaires, pris sans considération des réalités de terrain, risquent d’asphyxier durablement les TPE du bâtiment. Nous ne sommes pas dans une logique de rejet des efforts budgétaires, mais dans une exigence de cohérence et de survie économique pour des entreprises déjà sous forte pression. »
La CAPEB appelle ainsi le Gouvernement à revoir ses orientations budgétaires afin de préserver l'activité des TPE du bâtiment, l'emploi local, l'apprentissage et les investissements dans la rénovation énergétique, autant de leviers jugés essentiels à la croissance économique et à la transition du parc bâti français.
Image d'illustration de l'article via Depositphotos.com.