Posted by - Twim’O !
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on - Aug 22 -
Filed in - Rénovation, Construction et Bricolage -
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À Carpentras, dans le Vaucluse, le médecin généraliste Sébastien Adnot enchaîne les visites dans des appartements surchauffés. Au cours des canicules de l’été, il a accompagné Josette, une femme presque centenaire qui s’est progressivement affaiblie malgré la présence de sa famille, des perfusions et différents soins.
« De mémoire, il faisait entre 30 et 32 degrés chez elle. Son logement social est mal isolé, pas équipé de climatisation, elle disposait juste d’un ventilateur. » explique Sébastien Adnot, également secrétaire général adjoint du syndicat MG France.
Le médecin estime que sa patiente est morte « de chaud » et qu’elle aurait probablement continué à vivre si elle avait été accueillie dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ou dans un logement climatisé. Cette appréciation repose sur son observation médicale du cas et ne constitue pas une attribution générale de l’ensemble des décès survenus pendant les canicules.
Les principaux repères sanitaires7.300 décès en excès comptabilisés provisoirement pendant les épisodes de chaleur survenus entre fin mai et le 22 juillet Plus de deux fois plus de décès à domicile lors de la canicule de fin juin que pendant les périodes comparables des deux années précédentes Risque multiplié par 4,8 dans les immeubles anciens non isolés lors de la canicule de 2003 Risque multiplié par 4,1 lorsque la chambre est située sous les toits Risque multiplié par 1,8 pour les habitants d’un îlot de chaleur urbain |
Lors de la canicule historique de fin juin, marquée par des températures supérieures à 40 °C, la mortalité toutes causes confondues à domicile a été plus de deux fois supérieure à celle observée pendant les périodes comparables des deux années précédentes, selon Santé publique France.
L’agence sanitaire a comptabilisé provisoirement 7.300 décès en excès pendant les épisodes de fortes chaleurs survenus entre la fin du mois de mai et le 22 juillet. Ce bilan est susceptible d’être révisé et ces décès ne peuvent pas encore être tous attribués avec certitude à la chaleur.
« Les personnes décèdent à domicile car leur logement ne les a pas protégées. » alerte Maider Olivier, chargée de plaidoyer climat à la Fondation pour le logement des défavorisés.
La fondation demande à l’État de mieux prendre en compte les logements bouilloires et la surexposition des quartiers populaires aux fortes chaleurs.
Les logements les plus difficiles à rafraîchir sont souvent petits, situés au dernier étage, non traversants, dépourvus de protections solaires extérieures et implantés au cœur d’îlots de chaleur urbains.
Lors de la canicule de 2003, qui avait provoqué environ 15.000 décès en France, la mortalité à domicile avait doublé. Santé publique France avait alors observé un risque de décès 4,8 fois plus élevé chez les occupants d’immeubles anciens non isolés que chez ceux vivant dans des bâtiments récents ou isolés.
Le risque était également multiplié par 4,1 lorsque la chambre se trouvait sous les toits et par 1,8 pour les personnes résidant dans un îlot de chaleur urbain.
Dans le nord-est parisien, François Raymond, infirmier libéral, rapporte néanmoins que certains habitants d’immeubles construits dans les années 1960 et 1970 ont trouvé la canicule de juin plus supportable que celle de 2003. Ils attribuent cette amélioration aux travaux d’isolation réalisés au cours des dernières années.
À Sceaux, dans les Hauts-de-Seine, Louisette Rivalain, âgée de 93 ans, est décédée fin juin d’une hyperthermie après avoir été retrouvée inanimée chez elle. Ses voisins mettent notamment en cause l’absence de volets, retirés temporairement par le bailleur social pour réaliser des travaux.
À la même période, Daniel Topic, 60 ans, est décédé à Vannes dans un logement mansardé, non isolé, sans volets et situé au dernier étage. Une température de 45 °C y aurait été relevée, selon son frère, interrogé par Ouest-France.
L’Académie nationale de médecine relève par ailleurs que 41 % des personnes décédées à Paris en août 2003 vivaient dans un logement composé d’une seule pièce. Dans 12 % des cas, sa superficie ne dépassait pas 10 m².
Ghislaine Sicre, présidente du syndicat Convergence infirmière, rapporte également des situations préoccupantes dans de petites habitations mal isolées, notamment des maisons de type bungalow ou d’anciennes cabanes de pêcheurs qui n’avaient pas été conçues pour être occupées toute l’année.
Les études consacrées à la canicule de 2003 soulignent aussi le rôle des antécédents médicaux, des pathologies préexistantes et de l’absence d’entourage. Pour François Raymond, « c’est l’isolement social qui tue ».
« Les patients âgés, polypathologiques, qui ont les moyens d’avoir une maison climatisée ne vont pas à l’hôpital. La canicule va toucher ceux qui n’ont pas les moyens de s’en protéger, il y a une vraie inégalité. » observe Sébastien Adnot.