Publié par - Twim'O Team
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La flambée des prix du pétrole et du gaz liée aux tensions au Moyen-Orient fait bondir les taux d’emprunt des États sur les marchés obligataires. Or ces taux servent de référence pour de nombreux financements, notamment les crédits immobiliers. Si la tendance se confirme, le coût des prêts pour les ménages pourrait repartir à la hausse.
Les taux d’emprunt des États ont fortement augmenté lundi 2 mars sur les marchés obligataires, dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient et de hausse des prix de l’énergie.
Vers 16 h 50 GMT, le rendement à dix ans des bons du Trésor américain atteignait 4,05 %, contre 3,94 % à la clôture vendredi. Les échéances à court terme (deux ans) comme à long terme (trente ans) connaissent également d’importantes variations.
Selon Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB, « la crainte qu’un fort rebond des prix de l’énergie ne provoque une nouvelle vague d’inflation mondiale constitue le principal risque macroéconomique lié au conflit ».
Lorsque les prix augmentent nettement, les investisseurs exigent des rendements plus élevés pour les obligations afin de compenser l’érosion de la valeur réelle de leur investissement.
L’Europe est également touchée par ce mouvement de hausse.
Le rendement de l’emprunt allemand à dix ans, considéré comme la référence européenne, atteignait 2,71 % contre 2,64 % vendredi. Son équivalent français s’établissait à 3,29 % contre 3,22 %, tandis que l’Italie atteignait 3,36 % contre 3,27 %. Au Royaume-Uni, le taux à dix ans montait à 4,37 % contre 4,23 %.
Cette tension est liée en partie à la hausse des prix de l’énergie. L’Europe dépend fortement des importations de gaz naturel, qui représentent entre 80 % et 90 % de son approvisionnement.
« Le coût du gaz naturel a surpris les marchés aujourd’hui et a fait remonter les craintes inflationnistes sur le devant de la scène », explique Charlotte de Montpellier, cheffe économiste chez ING.
Le prix du gaz européen a bondi d’environ 35 % lundi, même s’il reste inférieur aux niveaux atteints au début de la guerre en Ukraine.
Les taux des obligations d’État servent de référence pour de nombreux financements dans l’économie, notamment les crédits immobiliers.
Lorsque ces taux montent, les banques peuvent être amenées à relever les taux proposés aux ménages pour leurs prêts immobiliers.
Pour Vincent Stamer, économiste chez Commerzbank, si les prix actuels de l’énergie se confirment, l’inflation dans la zone euro pourrait atteindre 2,4 % au deuxième trimestre et environ 3 % pour le reste de l’année.
Si le conflit devait s’intensifier, la hausse des prix de l’énergie pourrait accentuer ces tensions inflationnistes.
Dans les périodes d’incertitude, les obligations d’État sont généralement recherchées par les investisseurs, car elles sont considérées comme des valeurs refuges.
Mais cette fois, la demande s’est plutôt tournée vers d’autres actifs, comme le dollar et l’or, qui sont en forte hausse.
Selon Patrick O’Hare, analyste chez Briefing.com, « la demande de valeurs refuges n’a pas atteint le marché des bons du Trésor ».
Les évolutions futures dépendront largement de la réaction des banques centrales.
Cependant, celles-ci ont souvent tendance à relativiser les hausses soudaines des prix de l’énergie. « Les banques centrales ignorent généralement les hausses soudaines des prix de l’énergie, car celles-ci sont historiquement temporaires », souligne Ryan Sweet, économiste chez Oxford Economics.
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